Résumé

Nombre de jour : 3 jours
Difficulté : Difficile
Distance : 50.2 km
Départ : Auberge de Chindone. Voir sur Google Maps
Temps de marche effectif : 16h30
Temps avec les pauses : 21h40
Dénivelé positif : 3’931 m
Dénivelé négatif : 3’931 m

Pour la fête nationale suisse, nous sommes partis faire le « Tour des Dents du Midi » qui sont situées dans le Valais en Suisse. Nous avions prévu 3 jours pour le réaliser avec l’ascension de la Haute-Cime. Pour voyager plus léger que lors du GR20 en Corse, nous avions décidé de dormir dans les cabanes.

Dans cet article, nous n’allons pas détailler toute la randonnée comme nous le faisons habituellement car le sentier est très bien balisé. Tout au long du trajet, les panneaux « Tour des Dents du Midi » permettent de s’assurer que nous sommes toujours sur le bon chemin. Il n’y a que pour l’ascension de la Haute-Cime qu’il n’y a aucun balisage.

Notre organisation

Pour pouvoir faire le « Tour des Dents du Midi », Ludo a répertorié les endroits où il est possible de dormir grâce au site https://www.dentsdumidi.ch. (https://www.dentsdumidi.ch/fr/hebergements/) Comme nous voulions effectuer cette randonnée en 3 jours avec l’ascension de la Haute-Cime, nous avions découpé l’itinéraire en trois parties afin que les journées de marche soient plus ou moins équitables. Voici les étapes que nous avions prévues :

Jour 1

Départ : Auberge de Chindonne
Arrivée : Auberge de Salanfe
Distance : 18.4 km
Temps : 5h15
Temps avec les pauses : 6h20
Dénivelé positif : 1’464 m
Dénivelé négatif : 1’134 m

Jour 2

Départ : Auberge de Salanfe
Arrivée : Cabane du Susanfe
Distance : 11.2 km
Temps : 5h00
Temps avec les pauses : 7h25
Dénivelé positif : 1’351 m
Dénivelé négatif : 1’188 m

Jour 3

Départ : Cabane du Susanfe
Arrivée : Auberge de Chindonne
Distance : 20.7 km
Temps : 6h15
Temps avec les pauses : 7h55
Dénivelé positif : 1’116 m
Dénivelé négatif : 1’609 m

Jour 1

Pour pouvoir commencer à marcher assez tôt le premier jour, nous avons dormi à Val-d’Illiez à l’hôtel Communal. Ainsi, nous n’avons pas eu besoin de nous lever trop tôt le matin car nous n’avions pas beaucoup de route à faire pour nous rendre au départ de notre rando.

Après avoir acheté des sandwichs, nous nous sommes rendus à l’auberge de Chindonne en voiture. C’est de là que nous avions choisi de démarrer le « Tour des Dents du Midi » afin d’éviter la phase d’approche depuis Champéry. Arrivés sur place, nous avons parqué la voiture sur le parking situé après l’auberge.

Le « Tour des Dents du Midi » passe à l’entrée du parking et commence par descendre sur un chemin blanc. Il se transforme un peu plus loin en petit sentier.

Jusqu’au village de Mex, le sentier ne présente pas de difficultés particulières. Nous commençons par descendre entre pâturages et forêt puis nous remontons principalement dans la forêt.

Lorsque nous ne sommes pas en forêt, les Dents du Midi se dressent majestueusement sur notre droite.

Nous profitons de faire une pause et de manger notre sandwich à Mex avec la vue sur la vallée et Martigny. Nous nous rendons ensuite à l’auberge de l’Armailli pour boire une boisson fraiche et remplir nos gourdes avant d’entamer la montée vers le col du Jorat.

La montée jusqu’au col est longue. Le début est assez simple car nous avançons sur un chemin blanc.

Au début de la montée… Attention en traversant la rivière ! Selon certaines périodes de l’année, le passage n’est pas possible !

Puis, une fois sur le sentier, la pente devient plus raide. Plus nous nous rapprochons de l’arrivée du col du Jorat plus le pourcentage de la pente est élevé et le sentier exigeant.

Ce jour-là, ce n’est pas tant l’exigence du sentier mais plutôt les conditions météorologiques qui nous ont mis une légère pression. Au fur et à mesure de notre ascension jusqu’au col, le ciel s’est couvert de plus en plus. Des orages étaient annoncés plus tard dans l’après-midi, mais, peu avant d’atteindre notre but, nous avons entendu le tonnerre et nous ne savions pas d’où il provenait. Les dernières centaines de mètres ont été difficiles pour Kristel qui commençait à fatiguer et qui, stressée par les grondements, a fini sa montée aussi vite que possible en hurlant : « Je ne peux pas aller plus vite… ». Heureusement, arrivés au col, nous avons constaté que l’orage se trouvait deux vallées plus loin. Nous avons donc pu nous arrêter pour profiter de la vue sur le lac de Salanfe avant d’entamer notre descente jusqu’à l’auberge pour passer la nuit.

Auberge de Salanfe

L’auberge de Salanfe offre la possibilité de dormir dans des chambres double ou en dortoir. Nous avions initialement choisi de passer la nuit dans une chambre, mais il n’y avait plus de disponibilité. Nous avions donc fait une réservation pour dormir en dortoir. Cela a été une première expérience pour chacun d’entre nous. Avant de partir, nous avions donc pris le temps de regarder ce dont nous avions besoin et avions acheté nos sacs à viande qui sont obligatoires pour une question d’hygiène.

L’auberge de Salanfe

Après une douche chaude et un peu de repos, nous avons mangé un très bon repas. Nous avons même pu profiter du coucher de soleil magnifique après que l’orage nous soit passé dessus avant de nous mettre au lit.

Explosion de lumière sur le col de Susanfe

Nous remercions Fabienne et son équipe pour son accueil et sa gentillesse. L’auberge est magnifiquement située et très bien entretenue. Tous les repas, du petit déjeuner au repas du soir en passant par le pique-nique du marcheur, sont très bons et bien fournis.

Lien : https://www.salanfe.ch

Jour 2

Nous avions prévu, pour cette étape, une distance moins longue que les autres jours afin de profiter pleinement de l’ascension de la Haute Cime et de pouvoir manger notre pique-nique au sommet (3258 m). Objectif atteint !

Cette journée débute par une marche à plat par la droite du lac de Salanfe (lorsqu’on le regarde depuis l’auberge).

Puis, nous commençons à monter le long d’un ruisseau jusqu’à un embranchement où nous pouvons choisir de suivre le sentier ou le chemin d’hiver.

Comme nous aimons les sentiers à flanc de montagne et techniques, nous continuons sur le sentier que nous connaissons déjà pour l’avoir emprunté l’année précédente lors de notre tentative d’ascension de la Haute Cime. Quelques passages techniques munis de chaînes peuvent, sur ce sentier, déstabiliser les personnes qui n’ont pas le pied sûr et qui préféreront le chemin d’hiver.

Jusqu’au col de Susanfe, le sentier est bien balisé. Nous nous arrêtons à la hauteur de la cabane du bivouac (peu avant le col) pour manger un petit casse-croûte avant l’ascension de la Haute Cime. Nous choisissons de laisser là le sac de Kristel afin de ne monter qu’avec un seul sac allégé porté par Ludo.

La cabane a malheureusement subi quelques dégâts…

Sur le site de l’auberge de Salanfe, il est indiqué que l’ascension de la Haute Cime est cotée T4 selon les normes du CAS. Il est important de connaître son niveau et ses limites avant de se lancer sur un tel chemin. Le sentier pour la Haute Cime part à droite depuis le col de Susanfe lorsque nous la regardons. Comme indiqué plus haut, il n’est pas tracé. Toutefois, il est suffisamment emprunté pour discerner son point de départ.

Départ du sentier pour la Haute Cime

L’ascension se fait principalement dans du pierrier. Il est donc nécessaire d’avoir le pied sûr et de prendre son temps pour ne pas glisser ou ne pas faire chuter des cailloux sur les sentiers se situant en-dessous. Au fur et à mesure de la montée, il est important d’être observateur afin de chercher par où passe le chemin. Lorsque l’on suit celui-ci, il n’y a pas de grand danger pour qui se montre raisonnable et prudent mais si on en sort, on peut se retrouver dans des passages compliqués, exposés et dangereux. Sans nuages ou brouillard, le chemin est assez bien visible et quelques cairns nous aident à le trouver. Il est indispensable d’être bien attentif.

Après environ 1.5 km d’ascension depuis le col de Susanfe, nous atteignons le col des Paresseux (3053 m). Depuis là, nous avons l’impression de toucher le sommet du bout des doigts. Il va nous falloir toutefois encore un grand effort pour l’atteindre. Cette dernière partie est exigeante : la pente est bien plus raide et le chemin plus compliqué à suivre. De plus, l’orage de la nuit précédente a laissé des traces : une bonne couche de grêlons nous attend dans quelques passages et les rend glissants.

Dans la dernière partie avec le col des Paresseux en arrière-plan.

Enfin, après 1h20 et 2 km d’ascension depuis le col de Susanfe, nous arrivons au sommet. Il est difficile de décrire ce que l’on ressent lorsque l’on se trouve là-haut : c’est une explosion d’émotions positives et vivifiantes. Et enfin, après une tentative échouée l’année précédente, nous pouvons nous dire : nous y sommes arrivés 🙂

Nous profitons de la vue et du soleil pour faire le plein d’énergie. Nous mangeons notre pique-nique avec une vue splendide à 360° et restons là-haut pendant plus d’une heure.

Panorama depuis le sommet de la Haute Cime

Lorsque nous décidons de redescendre, le temps se couvre. Dès ce moment-là, nous n’arriverons plus à voir le sommet. Nous redescendons par le même chemin que celui emprunté en montée en étant toujours autant vigilants.

Dans la descente…

Une fois de retour au col de Susanfe, nous faisons une petite halte pour récupérer notre deuxième sac et les rééquilibrer. Puis, nous entamons notre descente en direction de la cabane de Susanfe où nous passerons la nuit. Après un premier passage dans du pierrier, nous finissons dans des pâturages parsemés de cailloux. Une belle façon de terminer la journée.

Cabane de Susanfe

C’est une cabane avec un très joli cachet qui nous attend pour la nuit. Il y a plusieurs choses à savoir à son sujet. Premièrement, l’accueil de Fabienne et de son équipe nous a été vanté…et nous n’avons pas été déçus : sourire et disponibilité. Deuxièmement, ici, nous sommes dans une vraie cabane : on passe la nuit en dortoir et c’est ça qui en fait tout le charme… sac à viande obligatoire évidemment. Enfin, pour ce qui est des douches, il n’y en a pas. On est en montagne et tout le monde est logé à la même enseigne : un petit rinçage à la source ou au lavabo à l’eau froide 🙂 Les sanitaires sont à l’extérieur de la cabane et sont en très bon état. Une deuxième soirée que nous avons beaucoup appréciée : nous avons bien mangé, nous avons rencontré des gens agréables avec qui nous avons papoté et joué aux cartes et nous avons bien dormi. 🙂

Coucher de soleil sur la cabane de Susanfe

Lien : https://susanfe.ch

Jour 3

Nous savions que cette journée allait être la plus longue en kilomètres et en temps de marche. Il aurait été possible de la couper avec une halte à la cabane d’Anthème pour faire le « Tour des Dents du Midi » en 4 jours.

Nous décidons de partir avant 8h afin de pouvoir prendre le temps de réaliser cette dernière étape sans nous stresser. Pour nous, cela semble déjà assez tôt. Mais cela fait depuis 4h du matin que des gens se lèvent dans la cabane pour se mettre en route.

Au départ de la cabane de Susanfe.

Nous commençons par descendre en direction de Champéry à travers des pâturages identiques à ceux du jour précédent. Arrivé au Pas d’Encel, le sentier devient un peu plus technique et impressionnant. Nous nous trouvons à flanc de falaises mais de nombreux câbles ont été mis en place afin de se tenir.

Pas d’Encel

Plus bas, nous cessons de suivre la direction de Champéry et remontons. Nous passons la Passerelle Belle-Etoile, faite en 2016, qui nous permet de passer par-dessus la Saufla.

Sur la passerelle.

Puis, nous continuons à monter entre forêt et pâturage jusqu’à la cabane d’Anthème. Là, nous nous arrêtons pour prendre un petit casse-croûte avant de nous remettre en route.

Avec le Pas d’Encel en arrière fond
Le lac d’Anthème, juste avant d’atteindre la cabane.

Depuis la cabane d’Anthème, notre randonnée va nous permettre de longer les Dents du Midi sur l’autre face. Le chemin varie entre sentier aisément praticable et chemin blanc. A nos yeux, ce tronçon a été la partie la moins intéressante de tout le « Tour des Dents du Midi » en terme de marche. A plusieurs reprises, nous avons eu l’impression que le chemin était sans fin et que nous n’arriverions jamais. Néanmoins, les paysages, eux, sont magnifiques et nous nous en sommes mis à nouveau plein la vue.

Notre plaisir de la journée : toutes les magnifiques cascades que nous avons vues et traversées 🙂
Dernière ligne droite, sur un chemin carrossable, avant d’atteindre Chindonne.

Bilan

Quatre mots pour résumer ces trois jours sur le « Tour des Dents du Midi » : la satisfaction de réussir.

Ces trois jours ont été emplis de première fois réussies et positives : notre premier sommet de plus de 3000 mètres, nos premières nuits en dortoirs, notre première rando de plusieurs jours dans les alpes valaisannes chez nous en Suisse.

De plus, nous avons eu beaucoup de chance avec le temps, ce qui nous a permis de profiter pleinement des paysages qu’une telle randonnée nous offre. Et même après avoir passé plusieurs jours en Corse, où les paysages sont également à couper le souffle, nous arrivons à la conclusion suivante : Nous avons vraiment de la chance de vivre dans un aussi beau pays que le nôtre 🙂

Nos coups de cœurs

L’accueil auquel nous avons eu le droit à l’auberge de Salanfe et la cabane de Susanfe.

L’ascension de la Haute Cime avec la vue à 360°.

L’ouverture des gens dans les cabanes. Il s’agit vraiment d’une ambiance toute particulière et nous remercions toutes les personnes qui ont croisé notre chemin et qui ont partagé un peu de temps avec nous.

Et si c’était à refaire

Lorsque nous nous sommes lancés sur le « Tour des Dents du Midi », cela faisait environ deux semaines que nous étions arrivés au terme du GR20 en Corse. On a bien senti, dès la fin de la première journée, que notre corps était encore marqué de cette expérience. Un peu plus de repos avant cette randonnée nous aurait permis d’encore plus en profiter…surtout le dernier jour qui semblait vraiment tirer en longueur.

Pour notre prochaine randonnée de plusieurs jours avec nuits uniquement en dortoir, nous avons encore du travail à faire au niveau du poids de nos sacs. Ceux-ci étaient évidemment plus légers qu’en Corse, mais encore trop chargés pour une telle sortie.

Tracés GPS

Jour 1

Télécharger le tracé

Jour 2

Télécharger le tracé

Jour 3

Télécharger le tracé

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6 Commentaires

  1. Bo.jour, quel beau retour sur cette magnifique randonnée, nous projetons de la faire au mois d aout avec 3 amis.
    Quel eT le minimum de matériel a prendre, j aimerai toutefois prendre un reflex et trépieds….
    Olivier

    • Bonjour, vous verrez, vous découvrirez des paysages magnifiques 🙂 Comme nous dormions en refuge, nous avons pris le minimum. Chacun avait 1 sac à viande, habits de rechange, habits chauds (bonnet, gant et doudoune, montée à la Haute Cime oblige). Nous avons pris une trousse de secours commune avec nécessaire de toilette. Le soir, nous mangions au refuge et, pour le midi, nous avons profité des paniers pique-nique proposés par les refuges. Pour ce qui est du matériel photo, Ludo avait un reflex avec un objectif grand angle et un téléobjectif plus un trépied… en gros c’est cette partie-là qui devait peser le plus lourd dans nos sacs 😉 Pensez à bien réserver à l’avance les nuits aux différents refuges. Belle randonnée à vous. Kristel et Ludo

  2. Bonjour,
    Nous prévoyons de faire ce tour la semaine prochaine. Merci pour cet article qui nous a vraiment aidé choisir ce treck.
    Les horaires que vous indiquez les étapes sont ils “larges”? Nous marchons bien mais pas au point d’avoir fait le GR20 ;).
    Merci beaucoup !

    • Bonjour. Nous sommes contents de savoir que notre article vous a motivé à
      entreprendre cette randonnée. Les paysages sont vraiment magnifiques, vous allez vous
      régaler. Pour ce qui est des horaires, il est difficile de dire si c’est large ou non mais nous
      pouvons vous donner des infos qui vous aideront peut-être. Sur les jours un et trois,
      nous avons une moyenne d’environ 3,5 km/h. Avec le dénivelé, ça veut dire que nous
      avons avancé d’un bon pas mais sans courir 😉 Lors du jour 2, nous n’avons pas fait
      beaucoup de kilomètres mais la montée à la Haute Cime (qui peut ne pas être réalisée)
      demande beaucoup de concentration et le rythme diminue donc considérablement. De
      manière générale, nous avons pris notre temps durant ces trois journées. Nous ne
      sommes jamais partis des refuges avant 8h et nous y sommes arrivés tranquillement
      vers les 17h. Le premier jour nous avons commencé vers 10h et le dernier jour nous
      avons fini vers 16h. Donc, pour nous, si vous avez l’habitude de marcher en faisant du
      dénivelé, la rando est réalisable en 3 jours sans problème. N’hésitez pas si vous avez
      d’autres questions et on se réjouit de lire votre retour si vous en avez le temps. A
      bientôt.

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