La Via Alpina en quelques mots

Ce sentier est l’un des sept itinéraires nationaux suisses. Il permet de parcourir la Suisse d’est en ouest (ou l’inverse évidemment) en traversant une variété de paysages magnifiques. L’itinéraire fait passer les marcheurs à travers 7 cantons (St-Gall, Glaris, Uri, Obwald, Nidwald, Berne, Vaud) et leur fait franchir 14 cols dont le « Hohtürli » qui est le point culminant de cette randonnée (2777m).

Dans la descente après avoir passé le « Hohtürli ».

La Via Alpina compte 20 étapes officielles reliant Vaduz à Montreux. Le site « SuisseMobile » décrit parfaitement chacune de ces étapes (distance, dénivelé, tracé, etc…). La totalité de l’itinéraire permet de parcourir 390 km et de réaliser 23’500m de dénivelé positif et 24’700m de dénivelé négatif. Il est annoncé comme moyen d’un point de vue technique et difficile physiquement.

Le tracé de la Via Alpina en Suisse.

Sur le terrain, le sentier est parfaitement indiqué grâce aux panneaux de randonnées pédestres. Un panneau est spécialement dédié à la Via Alpina et il suffit d’être observateur pour suivre la bonne direction.

Panneau de la Via Alpina.

Pourquoi avoir choisi cet itinéraire ?

Initialement, le 12 juillet, nous étions censés partir à Bali pour commencer notre voyage au long court. Dans notre planning, nous avions prévu de voyager en Europe et de traverser la Suisse à la fin de notre périple. La situation actuelle étant ce qu’elle est, nous avons dû revoir notre projet.

La Via Alpina nous attirait depuis quelques temps déjà. De bons amis, adeptes de la montagne, l’avaient parcourue jusqu’à Altdorf et leur récit nous donnait vraiment envie d’en fouler les sentiers. Nos vols ayant été annulés, nous avons donc acheté des billets de train pour Sargans le 2 juillet et avons commencé à nous préparer pour cette traversée.

En direction de Linthal…

Notre préparation

L’organisation de notre randonnée peut se résumer selon les trois axes suivants : l’itinéraire, le matériel et l’aspect physique.

L’itinéraire

Nous avons d’abord commencé par étudier l’itinéraire comme il est proposé par le site SuisseMobile. Après discussion, nous avons choisi de le faire d’est en ouest pour ” rentrer à la maison ” à pied. Nous avons également rapidement choisi d’éliminer la première étape reliant Vaduz à Sargans. Nous trouvions dommage de prendre un car postal pour monter jusqu’à un point marquant le début de l’itinéraire pour redescendre cette même montagne en sens inverse. Il nous semblait également que cette première étape allait être très proche de la ville et nous voulions rapidement nous retrouver en montagne, loin du monde. Il n’y a évidemment pas de juste ou faux, nous avons choisi de le faire ainsi, simplement.

Nous avons ensuite acheté l’ebook de Fabienne et Benoit du blog Novo-Monde. Dans celui-ci, ils fournissent de nombreux détails sur l’itinéraire, les étapes, les points de ravitaillement, … Cela nous a permis de voir comment organiser nos étapes parfois différemment de la façon dont elles sont proposées officiellement, de pointer les endroits où nous pouvions acheter de la nourriture, de réfléchir aux hébergements possibles, de noter les quelques précisions utiles, … Nous avons apprécié lire leur livre car il nous a permis de découvrir le sentier que nous allions parcourir sans trop en savoir. Leur récit nous a donné l’occasion de nous projeter dans cette traversée tout en nous laissant la surprise de vivre cet itinéraire à notre façon avec notre ressenti.

Si leur ebook vous intéresse, vous pouvez directement accéder à son achat par le lien ci-dessous. Nous recevons une petite participation en retour qui contribue à l’entretien de notre blog 🙂

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Dans le tableau ci-dessous, vous trouverez la façon dont nous avons organisé nos étapes après avoir étudié l’itinéraire ainsi que les lieux où nous pensions dormir :

JourDépartArrivéeDistanceDénivelé +Dénivelé –Temps annoncé
1SargansWeisstannen1380028004:00
2Weisstannen Elm231400145008:00
3Elm Linthal241650200009:10
4Linthal Urner Boden16110040005:20
5Urner Boden Altdorf27950185008:10
6Altdorf Blackenalp19.22050715 
7BackenalpEngelberg11.25280103010:45
8Repos     
9Engelberg Engstlenalp/Tannensee12130044005:00
10Engstlenalp/Tannensee Meiringen21720195006:45
11Meiringen Grindelwald231500105007:45
12Grindelwald Lauterbrunnen201150140006:40
13Lauterbrunnen Griesalp222000140009:00
14Griesalp Kandersteg171450170007:10
15Kandersteg Adelboden161400125006:45
16Repos     
17Adelboden Lenk14700100004:30
18Lenk Gstaad221150115007:00
19Gstaad Château-d’Oex24.21440157006:25
20Château-d’OexAlpage de Chaude17.6123676803:45
21Alpage de ChaudeMontreux18.7790177707:35
Totaux360.9523 06623 180123:45

Par rapport au tracé tel qu’il est présenté sur SuisseMobile, nous avons choisi de modifier deux étapes. Voici l’explication pour chacune d’entre elles.

Etape 7 entre Altdorf et Engelberg

En organisant notre itinéraire, il nous semblait que cette étape risquait d’être un peu longue. Après avoir lu l’ebook de Fabienne et Benoît, nous avons découvert qu’il existait un alpage environ 3h avant de rejoindre Engelberg. C’est ainsi que nous avons décidé de couper cette étape. Nous avons réservé une nuit à l’alpage de Blackenalp afin de marcher un peu moins de 19km depuis Altdorf pour y arriver. Puis, le lendemain, nous avons prévu de réaliser une étape entre Blackenalp et Engelberg. Nous voulions qu’elle soit courte afin de pouvoir faire un jour et demi de repos.

Etape 17 entre Gstaad et l’Etivaz et étape 18 entre l’Etivaz et Rossinière

Ici, nous avons choisi d’adapter les étapes officielles afin de trouver un bon emplacement pour dormir. En effet, à l’Etivaz, en-dehors d’un hôtel, il ne semblait pas vraiment y avoir de bons endroits pour planter notre tente. Nous avons donc choisi de rallonger quelque peu l’étape 17 afin de nous rendre jusqu’à Château-d’Oex pour passer la nuit au camping. De cette façon, le jour suivant, nous pensions partir de Château-d’Oex pour nous rendre vers l’Alpage de Chaude afin d’y faire un bivouac avant d’attaquer la dernière étape de notre Via Alpina.

Le matériel

Pour cette traversée, nous avons choisi de prendre notre tente, nos sacs de couchage et nos matelas de sol afin de pouvoir faire un maximum de nuits en extérieur (ce qui n’a pas été aussi concluant que prévu comme vous le lirez plus bas). Nous avons également décidé d’avoir avec nous tout ce qu’il faut pour nous faire à manger. Le tracé de la Via Alpina permet clairement de s’alléger de ce matériel qui pèse un certain poids dans le sac. En effet, il est possible de s’arrêter chaque nuit dans un hôtel ou une auberge et de manger sur place.

Nuit à Elm où un emplacement pour les tentes est proposé juste avant le village.

Le matériel photographique de Ludo pèse également un certain poids dans nos sacs. C’est lui qui porte tous les accessoires qui y sont liés mais cela a un impact sur les deux sacs puisque nous essayons de répartir au mieux les charges. C’est évidemment d’un commun accord que ce matériel fait partie du voyage 😉

Le reste de notre sac comprend :

  • Nos habits : Nous les répartissons dans différents sacs de compression en fonction de leur utilité.
  • Une trousse de secours et une trousse d’hygiène : Nous avons trouvé plus pratique de répartir ce matériel en deux rangements afin de leur trouver la meilleure place possible dans les sacs.
  • De la nourriture : Nous avons décidé de ne pas trop en prendre car nous savions que nous pouvions nous ravitailler facilement. Nous sommes partis avec quelques repas lyophilisés et surtout des en-cas pour les petites pauses durant la journée.
  • Des gourdes : Nous sommes partis avec un bidon d’un litre afin de pouvoir prendre de la réserve si nous savions qu’il n’y avait pas d’eau sur l’itinéraire du jour. Sinon, nous avons utilisé nos deux gourdes water-to-go sport que nous avions achetées spécialement pour notre voyage. D’un point de vue matériel, ces gourdes ont été la révélation de cette Via Alpina J Comme il s’agit d’un itinéraire alpin, nous avons croisé plusieurs cours d’eau (ainsi que des fontaines à vaches) et nous avons pu prendre de l’eau partout sans nous faire de souci. Si cela vous intéresse, un représentant de Water-to-go nous a proposé d’offrir un rabais de 10% à nos lecteurs si vous entrez le code suivant sur le site water-to-go.ch lors de la commande : ALPINA10 (cela nous donne également une commission qui nous permet de continuer à faire fonctionner notre blog) :
  • Divers : Nos liseuses, un jeu de cartes, nos natels, …

Pour nous, le plus important est que tout ce que nous emportons avec nous entre dans nos sacs. Nous ne voulons pas que des objets soient obligés d’être rangés à l’extérieur. Cela évite un certain déséquilibre et facilite grandement la vie en cas de pluie. Avant de partir, nous prenons donc le temps de tester le rangement afin de nous assurer que tout ce que nous prenons trouve une place. Si ce n’est pas possible, alors nous éliminons les deux ou trois choses qui nous semblent être superflues. Nous essayons également de ne pas dépasser un certain poids. Sur le site « FFRandonnée » (France), il est écrit qu’il est recommandé qu’un sac ne dépasse pas un poids maximum de 20% du poids de la personne qui le porte. De notre côté, nous avons beaucoup de peine à respecter le poids optimal et tournons plutôt autour des 25%. Cela nous conduit au troisième axe de la préparation : l’aspect physique.

L’aspect physique

Selon nous, une telle randonnée mérite une certaine préparation physique car l’accumulation des kilomètres et des journées passées sur les sentiers en portant une certaine charge sur le dos a des effets sur le corps.

Pour nous, cela a consisté à reprendre les randonnées à la journée une fois le semi-confinement plus allégé. Nous avons également refait une sortie sur deux jours avec nos sacs chargés comme nous pensions le faire pour la Via Alpina afin d’ajuster leur poids en éliminant le superflus.

Bien que nous soyons encore jeunes, de petits bobos commencent à apparaitre depuis quelques temps. A la longue, ils peuvent devenir très gênants et même nous empêcher de faire du sport comme nous le souhaitons. Nous essayons donc de faire régulièrement des exercices d’étirement et de renforcement ou encore de masser les articulations fragiles afin d’aider notre corps à se régénérer. Un long traitement chez un physio entre la fin de l’année 2019 et le début de l’année 2020 a clairement aidé Kristel à renforcer ses genoux et ses pieds. Les visites chez l’ostéopathe ou l’acuponctrice pour éviter qu’une douleur ne s’installe sont très utiles également.

Enfin, nous ne sommes ni l’un ni l’autre des sportifs de haut niveau mais nous pensons que le sport que nous pratiquons plusieurs fois par semaine et les randonnées que nous faisons régulièrement, en été et en hiver, nous aident à avoir un fond bien utile quand il faut puiser dans les réserves.

Notre Via Alpina

Comme à chaque fois que l’on prévoit quelque chose, une fois sur le terrain, les choses ne se passent pas toujours comme nous l’avions imaginé. Dans l’ensemble, nous n’avons pas changé grand-chose à l’itinéraire initial. Les plus grandes adaptations que nous avons faites concernent les logements. En effet, au départ, nous pensions faire bien plus de nuits sous tente que ce que nous avons vraiment réalisé. Nous avons abandonné l’idée de certains bivouacs et nuits en camping à cause de la pluie ou du mauvais temps. Il est vrai que, sur ce point, nous n’avons pas été très téméraires. Nous avions beaucoup de peine à nous motiver à dormir sous la tente après une journée de marche où tous nos habits étaient mouillés et que nous savions qu’ils ne sécheraient pas. Nous avons opté pour le confort et évidemment cela se ressent sur le budget de notre traversée (bien que nous ayons à chaque fois choisi les hôtels les moins chers ou encore des dortoirs).

Le logement tout au long de l’itinéraire est clairement la partie la plus importante de nos dépenses. Nous avons réalisé 2 nuits en bivouac, 7 nuits en camping, 3 nuits en dortoir et 7 nuits en hôtel (dont la nuit avant le départ car nous avons essuyé un gros orage à Sargans). Hors bivouac, pour deux, la nuit la moins chère nous a coûté 20.- sans repas (Alpage de Chaude) et la nuit la plus onéreuse s’est élevée à 145.- sans repas (Hôtel Sherlock Holmes à Meiringen).

Notre deuxième grande dépense concerne la nourriture. Durant toute la traversée nous avons uniquement mangé des sandwichs à midi. Nous en achetions des tout faits en boulangerie le matin ou nous achetions du pain et du fromage. Des en-cas venaient compléter nos achats pour les pauses durant la journée. Sur toute la traversée, nous avons mangé 8 fois au restaurant le soir (dont 2 fois dans un alpage). Le reste du temps, nous achetions de quoi nous faire nous-même à manger.

Sur l’itinéraire, nous avons dû acheter de nouvelles chaussures pour Ludo. Cette dépense assez importante est comptabilisée dans les extras.

Changements par rapport au tracé élaboré avant de partir

JourDépartArrivéeDistanceDénivelé +Dénivelé –Temps réalisé (sans les pauses)Nuit
0MaisonSargansHôtel Franz Anton
1SargansWeisstannen12.2469424503:12Hôtel Gemse
2Weisstannen Elm22.571276124506:19Emplacement camping à l’entrée d’Elm
3Elm Linthal26.741508183708:07Hôtel Restaurant Raben 
4Linthal Klausenpass26.1164252507:21Hôtel Klausenpasshöhe (Dortoir)
5KlausenpassAltdorf23.27305165405:31Camping Windsurfing Urnersee
6Altdorf Blackenalp17.93183160806:08Alpage de Blackenalp (Dortoir)
7BackenalpEngstlenalp25.691179116106:51Bivouac peu après Engstlenalp
8EngstlenalpMeiringen23631181506:03Camping Alpencamping
9Repos     Hôtel Sherlock Holmes
10Meiringen Grindelwald24.341384101205:49Camping Gletscherdorf
11Grindelwald Lauterbrunnen22.831176132905:39Camping Jungfrau
12Lauterbrunnen Griesalp25.61871124507:20Naturfreundehaus Hostel Gorneren
13Griesalp Kandersteg20.321278165206:04Hôtel Alpina
14Kandersteg Adelboden18.371299115905:38Hôtel Revier Mountain Lodge
15Adelboden Lenk14.765091803:35Camping Seegarten
16Repos     Camping Seegarten
17Lenk L’Etivaz40.52126206110:32Bivouac
18l’Etivaz Alpage de Chaude23.57130298206:32Alpage de Chaude (dortoir en-dessus de l’étable)
19Alpage de Chaude Montreux19.14602162905:02Maison
Totaux386.9120 75421 077105:43

Etapes prévues entre Linthal et Urnenboden / Urnenboden et Altdorf

Au départ, nous avions prévu de bivouaquer peu après Urnenboden. En arrivant, le jour J, nous avons d’ailleurs trouvé un lieu parfait pour planter notre tente. Malheureusement, il était encore très tôt et le brouillard puis la pluie nous ont rattrapés. Ne nous voyant pas planter notre tente en plein milieu d’après-midi, nous avons décidé de continuer notre route afin de ne pas finir détrempés en attendant sur place. Nous avons donc entrepris la montée qui conduit au Klausenpass avec une météo qui n’était pas des plus agréable et qui ne nous a clairement pas permis de profiter du paysage. Une fois au col, nous étions gelés et nous avons donc poursuivi notre chemin jusqu’à l’hôtel Klausen-Passhöhe où nous avons passé la nuit en dortoir.

Au col, nous prenons juste le temps de faire une photo pour immortaliser notre passage 😉

Le lendemain, la journée a donc été plus courte que prévue et nous sommes arrivés assez tôt à Altdorf. Cela nous a d’ailleurs bien arrangé car nous avons pu trouver de nouvelles chaussures de marche à Ludo qui souffrait terriblement des pieds (D’ailleurs, si, à votre tour, vous deviez avoir besoin de vous arrêter dans un magasin de sport, nous vous recommandons Imholz Sport à Bürglen. Nous avons été largement bien accueillis et les conseils ont été vraiment professionnels.). Ensuite, nous avons eu le temps de faire des courses dans le village et surtout de trouver un plan B pour la nuit. En effet, nous avions initialement prévue de dormir au camping Remo. Mais, lorsque nous nous sommes présentés à la réception, on nous a expliqué qu’à cause du COVID-19, les tentes n’étaient pas acceptées. Sur le coup, nous avons eu un peu peur que cela soit le cas dans tous les campings, mais il s’est avéré que c’est l’unique endroit où cela s’est produit. Nous avons donc dû prendre un bus jusqu’à Flüelen pour passer la nuit dans un autre camping.

Avec le recul, nous trouvons que ces deux étapes se découpent très bien de cette façon. Pour ceux qui prévoient de faire la Via Alpina sans tente, l’hôtel Klausen-Passhöhe où nous avons dormi est parfait pour une halte. Ils proposent également des chambres individuelles.

La vue depuis l’hôtel Klausen-Passhöhe est magnifique une fois que le beau temps est de retour 🙂

Etapes prévues entre Blackenalp et Engelberg / Engelberg et Engstenalp

Notre nuit à Blackenalp nous a permis de reprendre des forces : entre le repas du soir (des macaronis du chalet que nous vous recommandons d’aller goûter) et la nuit reposante, nous étions en pleine forme au réveil. Nous étions donc motivés pour faire bien plus qu’une demi étape. Comme la météo annonçait un temps magnifique encore pendant deux jours avant une dégradation et des orages, nous avons donc décidé d’adapter nos étapes. Nous ne nous sommes finalement pas arrêtés à Engelberg et avons poursuivi jusqu’à Engstenalp. Ainsi, le lendemain nous pouvions atteindre Meiringen avant les orages pour y faire notre jour de pause.

Nous avons bien aimé réaliser cette étape de cette façon. Le trajet jusqu’à Engelberg est un peu long mais ne se fait qu’en descente. En arrivant au village, nous avions donc assez d’énergie pour attaquer la montée nous conduisant au Jochpass. Le seul inconvénient est que nous l’avons réalisée une fois midi passé et qu’elle était donc en plein soleil lors d’une des journées très chaudes que nous avons eues. Cela a rendu la montée quelque peu éprouvante, surtout pour Kristel. Heureusement, une fontaine d’eau froide nous attendait devant l’hôtel Trübsee et une autre au Jochpass. Nous avons ensuite profité de la descente jusqu’à Engstenalp et avons décidé de trouver un endroit où planter notre tente (hors de la réserve naturelle évidemment).

Vue sur le lac d’Engstenalp.

Etapes prévues entre Lenk et Gstaad / Gstaad et Château d’Oex

Finalement, nous avons réalisé notre deuxième journée de pause à Lenk puisque nous avions de l’avance sur notre planning. Les parents de Ludo sont gentiment venus nous rejoindre et nous avons pu passer deux nuits en camping-car à manger de bons plats faits maison… de quoi nous redonner une bonne dose d’énergie. Du coup, c’est en pleine forme que nous avons repris la route.

Dans la descente de la vallée nous conduisant à Gstaad.

Une fois arrivés à Gstaad, nous n’avions pas vraiment envie de nous arrêter de marcher. Nous avons donc décidé de continuer un peu notre route pour trouver, plus loin, un endroit où bivouaquer. Ce jour-là, nous avons clairement été trop gourmands. Après être montés jusqu’à l’arrivée des télésièges, nous nous sommes dit qu’il était encore tôt et que nous pouvions continuer notre route. Mais, à force, nous avons rejoint des pâturages occupés par les vaches où il n’était plus possible de planter notre tente. Plus loin, nous sommes arrivés dans la descente vers l’Etivaz où nous n’avons trouvé aucun emplacement (les nombreux cailloux qui semblaient s’être détachés récemment de la falaise nous ont fait éliminer le seul emplacement possible).

Au col de Jable…c’est ici que nous passons la fameuse « barrière de rösti »… et on voit à notre tête que nous sommes déjà bien fatigués (et ce n’est pas parce que nous avons parlé allemand jusque-là ;-)).

Bref, nous sommes arrivés à l’Etivaz complètement exténués après 11 heures de marche et 40km. Nous étions également quelque peu déçus car nous n’avons pas vraiment profité de la fin de la randonnée aussi bien que nous l’aurions voulu. En effet, avant de passer la fameuse « barrière de rösti », nous avons réalisé une crête mêlant forêt et rocher où nous aurions passé plus de temps si nous ne devions pas trouver un endroit où dormir.

Et évidemment, nous n’étions pas au bout de nos peines étant donné que rien n’est prévu à L’Etivaz pour planter sa tente. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avions prévu de nous rendre jusqu’à Château d’Oex initialement. Il a donc fallu que nous trouvions un endroit discret où dormir une fois la nuit tombée. Nous avons fini par nous installer près de la rivière et bien trop proche des maisons et de la route à notre goût. La nuit n’a donc pas été des plus reposante.

Très tôt le matin pour ne déranger personne.

Etapes prévues entre Gstaad et Château d’Oex / Château d’Oex et Alpage de Chaude

Ce matin-là, nous nous sommes réveillés très tôt pour quitter l’Etivaz avant que les habitants ne se lèvent. Pour la première fois depuis le début de notre traversée, nous sommes sortis de l’itinéraire officiel pour nous rendre directement aux Moulins afin de prendre notre petit-déjeuner dans une boulangerie 😉

Après une petite pause, nous avons rejoint, à la hauteur de Rossinière, les panneaux de la Via Alpina. Plein d’entrain, nous nous sommes fixés comme objectif de rejoindre les « Rochers de Naye » en fin d’après-midi afin de bivouaquer face au lac Léman. Malheureusement, la chaleur et la fatigue accumulée entre la longue journée de la veille et la nuit très peu reposante ont eu raison de nous.

Lorsque nous sommes arrivés près de l’Alpage de Chaude, nous étions fatigués et Ludo n’avait plus très envie d’avancer. Nous nous y sommes donc arrêtés pour boire quelque chose de frais et nous avons décidé de ne pas bivouaquer et de dormir directement à l’alpage qui possède un dortoir pour accueillir des gens. Nous n’avons eu aucun regret car, comme il était encore tôt et que nous n’avions pas besoin de monter la tente, nous avons pu nous reposer un moment. Ensuite, nous avons dégusté des bons macaronis du chalet et avons profité des discussions avec la famille qui travaille à l’alpage pour en apprendre davantage sur l’Etivaz. Nous nous sommes régalés d’une bonne double crème fraiche avant d’aller passer la nuit en-dessus de l’étable. Cela nous a clairement permis d’être en bien meilleure forme pour notre dernier jour de marche.

En pleine préparation du fromage 🙂

Nos coups de coeur

Durant toute cette traversée, nous avons eu la chance de parcourir des sentiers à travers des paysages que nous avons trouvés magnifiques. Cet itinéraire nous a permis de réaliser à quel point nous avons de la chance de vivre dans un si beau pays que le nôtre. Bien que sur certaines étapes nous ayons croisé trop de monde à notre goût (mais nous le savions très bien en nous lançant sur cet itinéraire), lors d’une bonne partie du trajet nous nous sommes retrouvés en immersion dans la nature. Cela a été un vrai plaisir de découvrir des endroits de nos montagnes dans lesquelles nous ne nous étions jamais rendus : nous y avons découvert des lieux sauvages et insolites.

Un de nos premiers coups de cœur est la flore que nous avons eu la chance d’observer durant toute la randonnée. En partant au début du mois de juillet, les pâturages étaient encore verts et les prairies largement fleuries. Nous avons découvert des espèces de plantes que nous n’avions jamais rencontrées.

Dans la montée vers le col « Sefinafurgga ».

Nous avons également beaucoup apprécié les différentes rencontres que nous avons pu faire tout au long du sentier. Qu’il s’agisse de certains de nos hôtes ou encore d’autres randonneurs, nous avons eu beaucoup de plaisir à échanger avec eux J

Quelques étapes nous ont encore plus particulièrement marquées que d’autres car les paysages avaient quelque chose de particulier à nos yeux. Voilà donc nos quatre étapes favorites présentées en quelques mots et quelques photos.

De Weisstannen à Elm

Cette étape représente le vrai début de la Via Alpina pour nous. Nous avons le sentiment de nous enfoncer dans des paysages encore sauvages et préservés. Nous trouvons que tout ce qui nous entoure est authentique et nous croisons d’ailleurs peu de monde sur ce tronçon. Nous sommes ébahis par les nombreuses cascades que nous découvrons.

De Elm à Linthal

Là encore, nous profitons d’être presque seuls au monde, surtout une fois que nous passons Obererbs. La partie entre les deux cols que nous franchissons ce jour-là est magnifique. Tout incite à s’arrêter et à profiter du calme du lieu. La descente sur Linthal nous offre également une vue à couper le souffle sur les montagnes qui nous entourent.

De Lauterbrunnen à Griesalp

Après avoir passé Mürren, le sentier nous éloigne de la civilisation. Nous passons une partie un peu escarpée qui nous fait rapidement prendre de l’altitude. Nous adorons ce genre de sentier. Plus loin, nous longeons une rivière et passons à côté de petits lacs de montagne. Puis, nous montons au col par un sentier plus exigeant que ceux que nous avons faits jusqu’à présent et nous adorons ça 😊 Enfin, l’ambiance lunaire de la descente finit de nous enchanter.

De Griesalp à Kandertseg

C’est une étape phare puisque c’est ce jour-là que nous passons le col le plus haut de la traversée. Nous marchons entre fine pluie et brouillard mais cela ne suffit pas à nous miner le moral. Le sentier de la montée est exactement comme nous les aimons : engagé, dans du pierrier, avec des marches… nous sommes euphoriques en arrivant au col. La descente nous permet d’admirer les glaciers alentours et de profiter de l’Oeschinensee sans touriste. Un avantage de la météo 😉

La Via Alpina vue par Kristel

Une fois que nous avons décidé de nous lancer dans cette traversée, mon souhait était de réussir à la faire en entier sans qu’aucun imprévu ne nous oblige à arrêter. Avant de partir, ce qui m’inquiétait le plus était de ne pas tenir le coup physiquement. Entre mon pied et mon genou pour lesquels un travail important a été nécessaire afin de les soigner durant l’année, je craignais que des douleurs ne reviennent et nous obligent à arrêter de marcher. Les trois premiers jours ont été assez difficiles mentalement. Chaque fois que je sentais quelque chose de bizarre quelque part, je me faisais du souci et je devais réussir à me convaincre que ce n’était rien de grave et que je pouvais y arriver. Cela m’a permis d’expérimenter clairement la force du mental sur le corps et je suis fière d’y avoir cru car cela a porté ses fruits.

Je suis également contente d’avoir pu constater l’effet positif de tous les exercices que l’on m’a conseillé de faire régulièrement. Il n’a pas toujours été facile de tenir le rythme et de les réaliser aussi souvent que possible. Parfois, ne pas réellement se rendre compte des résultats rend le travail laborieux et donne vraiment envie de baisser les bras. En voir le bénéfice m’encourage donc à continuer d’en faire pour aider mon corps à se sentir bien dans ce genre de challenge. Finalement, même si certaines douleurs ont fait leur apparition, j’ai réussi à arriver au terme de cette traversée et je recommencerai sans aucune hésitation. Ne faire qu’un avec son corps et apprendre à l’écouter tout en le poussant n’est pas quelque chose que l’on fait quotidiennement dans nos vies. Je suis donc contente d’avoir réussi à lui faire entendre que je comptais sur lui tout en l’écoutant également lorsque je lui en demandais trop (comme au bout des 40km que nous avons enchainés).

A l’approche du « Col de Jable », je me motive en pointant l’objectif. Un pas après l’autre, ça aide à avancer.

La veille du grand départ, j’étais partagée entre impatience et anxiété. Comme je l’ai dit avant, je voulais arriver au bout de cette traversée mais je me demandais également comment j’allais réussir à marcher pendant une vingtaine de jour. Cela me semblait presque irréel. J’ai été surprise de la rapidité avec laquelle nous avons trouvé un rythme. Après 3 jours, tout est devenu naturel. Il était évident de se coucher tôt et de se lever tôt, chaque objet avait sa place dans le sac et marcher était une évidence. Quand nous avons décidé de poursuivre la route et de repousser notre première pause, cela n’a posé aucun problème. Pourtant, lors de la préparation, j’étais ravie de savoir que nous allions nous arrêter un peu après 6 jours. Cela me semblait tellement énorme. Et finalement, après 8 jours, je pense que nous aurions pu encore continuer sans nous arrêter aussi longtemps.

Avancer même avec la pluie…il y a des jours où cela semble plus dur que d’autres, mais finalement, un pied après l’autre, les kilomètres défilent.

Selon moi, pour un premier long itinéraire, nous avons bien fait de partir sur la Via Alpina. Cela nous a clairement facilité la vie car le chemin est toujours indiqué et les étapes sont claires. Nous avons donc pu anticiper correctement chacune d’entre elles afin de ne pas être pris au dépourvu. Maintenant que nous en faisons le bilan, je me réjouis d’un prochain itinéraire moins préparé. J’aimerais que nous réussissions à nous laisser plus de liberté. Que nous ayons une idée de ce que nous voulons faire, évidemment, mais que si, un jour, en regardant la carte, nous nous rendons compte qu’en passant par ailleurs nous pouvons aller voir des lieux qu’il nous plairait de découvrir, nous nous autorisions à la faire. Cela va clairement de pair avec nos nuits sous tente. Etant donné que nous avons suivi les étapes officielles, nous nous sommes souvent retrouvés dans des villages à la fin de celles-ci. Cela rendait les nuits en bivouacs impossible. En adaptant les étapes, nous aurions peut-être réussi à passer plus de nuit dehors.

Voilà des ambiances dont j’aimerais pouvoir profiter encore davantage en dormant plus souvent loin de tout.

C’est une des choses que je vise pour nos prochains itinéraires : apprendre à développer notre flexibilité et nous offrir encore davantage d’occasions spontanées. La première fois que nous avons fait de l’itinérance, c’était en Corse, sur le GR20. Le tracé ne se prêtait à aucune fantaisie car tout est contrôlé. En un sens, cela nous arrangeait car nous n’avions jamais tenté une telle expérience. Durant la Via Alpina, nous avons tout de même fait les choses avec plus de souplesse malgré notre organisation. Contrairement à la Corse, nous ne savions pas exactement où nous allions dormir chaque soir par exemple. Pour moi, ce sont ces moments qui nous ont offert les plus belles occasions. Par exemple, lorsque nous n’avons pas pu faire notre bivouac à Urnerboden et que nous sommes montés jusqu’au Klausenpass. Tout d’abord, nous nous sommes écoutés et avons pu nous reposer et nous sécher correctement. En plus, nous avons découvert un hôtel avec un charme historique. Et enfin, nous avons mangé un délicieux burger 🙂 C’est exactement la même chose lorsque nous nous sommes retrouvés à l’Alpage de Chaude pour passer la nuit. Si nous avions tout prévu, nous ne nous serions jamais arrêtés là et nous n’aurions pas eu la chance de partager un moment agréable et de déguster une bonne double crème fraiche.  

Une portion pour deux… étonnant mais suffisant 😉

Pour ce qui est du bivouac, je souhaite réussir à rendre cela davantage naturel. Les règles du jeu sont claires pour pouvoir poser sa tente et nous tenons tellement à les respecter que nous nous inquiétons énormément. Moralité, nous trouvons parfois plus simple de réserver une nuit au chaud. Je souhaite donc que nous réussissions davantage à sortir de notre zone de confort en nous arrêtant là où nous trouvons un endroit adéquat, même si ce n’est pas ce que nous avions prévu comme étape initialement.  

Mon futur objectif : oser s’arrêter, même si ce n’était pas prévu, pour passer la nuit dans de si beaux endroits…

Pour terminer, en dehors des nombreux paysages à couper le souffle que nous avons eu la chance de traverser, je dois dire que j’ai adoré le sentiment d’accomplissement que j’ai pu percevoir au fur et à mesure de notre avancée. Observer la carte et se rendre compte du trajet parcouru à pied qui nous rapproche toujours un peu plus de « la maison » est incroyable. J’ai été vraiment étonnée de la rapidité avec laquelle nous avons été capables de traverser notre pays et cela m’a fait réaliser à quel point on peut aller « vite » à pied. Arrivés aux Rochers de Naye, je me suis sentie extatique quand la vue sur le bassin lémanique s’est offerte à nous… Lorsque nous sommes arrivés à Montreux, nous étions complètement décalés par rapport à tous les gens qui se baladaient sur les quais une glace à la main. Et là, une citation de Goethe qui nous attendait à la fin de l’itinéraire était parfaite pour clore ce voyage : « Tu n’as vraiment été que là où tu as fait le chemin à pied ». Je ne me sentais pas déçue d’avoir fini mais pleine d’énergie pour recommencer une nouvelle itinérance plus longue et pourquoi pas ailleurs.

Derniers pas à Montreux…

La Via Alpina vue par Ludo

J’avais une certaine appréhension en partant sur la Via Alpina suite à notre échec sur le GR20 en Corse en 2018 dès le deuxième jour à cause d’un problème de santé qui nous a obligé à raccourcir le tracé (je vous invite à aller lire l’article pour plus d’infos). Du coup, pour la préparation de la Via Alpina, nous avons décidé de planifier nos étapes presque comme les officielles. Nous avons même coupé en deux celle de 30km car nous la trouvions trop longue. Nous voulions vraiment faire cette traversée à un rythme convenable sans en faire beaucoup trop en une journée pour pouvoir profiter.

Finalement, physiquement et moralement, tout est presque bien allé. Le sac pesait lourd les trois premiers jours mais ensuite, on s’habitue à son poids et on a l’impression qu’il est de plus en plus léger au fil des jours 😉. Le seul problème physique que j’ai eu, c’est mes pieds. Une douleur atroce sous ceux-ci, après trois jours à peine, m’ont fait croire que je n’arriverais jamais jusqu’à Montreux si je ne trouvais pas une solution. Nous avons finalement décidé de nous arrêter dans un magasin de sport dans un village avant Altdorf pour acheter une nouvelle paire de chaussures. Cet achat a quelque peu augmenté le budget mais m’a permis de finir la Via Alpina avec moins de douleur.

Même avec une mauvaise météo, nous restons motivés.

Maintenant, pour en venir au tracé, j’ai adoré faire de l’itinérance sur une autant longue durée. C’est incroyable de se dire que nous avons traversé la Suisse d’Est en Ouest. C’est vraiment une autre sensation qu’un itinéraire en boucle ou que de la randonnée à la journée. Nous ne randonnons pas du tout au même rythme et prenons le temps de faire des pauses pour nous soulager des sacs à dos. L’itinérance nous a aussi ouvert la porte à des rencontres de personnes qui faisaient la même chose que nous ce qui est moins le cas en rando à la journée.

Quelquefois, nous ne randonnons pas seuls 😉

Cet itinéraire nous a fait traverser une multitude de paysages. Nous avons découvert des vallées sauvages avec une abondance de cascades. C’était juste grandiose. Nous avons aussi vu de magnifiques lacs de montagne. Bref, je vous laisse regarder les photos pour vous imprégner de ce que nous avons pu voir. Il y a des sections avec des petits sentiers de forêt et de montagne qui nous font oublier la civilisation mais il y a aussi des passages sur des chemins forestiers ou des routes en goudron. Ces passages goudronnés, je les ai moins aimés car ils font perdre l’aspect sauvage de l’itinéraire. Je les ai aussi moins aimés car en ayant mal sous les pieds, le goudron était beaucoup trop dur et amplifiait la douleur. Les passages les moins plaisants, pour ma part, sont ceux où nous arrivions dans la foule (arrivées de remontées mécaniques, accessibilité avec la voiture, stations connues, etc.). Je préfère être nettement plus esseulé en montagne pour apprécier ce qu’elle a à nous donner.

Si c’était à refaire, j’essaierais de faire plus de bivouac car cela nous permet d’être au milieu de la nature et de prendre le temps d’admirer les lumières de la fin journée et celles du début. J’avoue que je suis tout de même toujours content d’être à camping ou dans un hôtel pour profiter d’une bonne douche après des journées comme celles-ci.

C’est pour des ambiances comme celles-ci que j’adore le bivouac 🙂

Si je ne devais garder qu’une seule journée ? J’aurais envie de dire toutes car chacune amène quelque chose de différent et nous fait découvrir autre chose. Je pense que je choisirais le passage du col « Hohtürli », malgré le brouillard, et sa descente sur le lac d’Oeschinen. A refaire par beau temps 😉. J’ai aimé cette étape pour sa beauté mais aussi pour la difficulté du col. C’est une montée avec des marches dans un environnement minéral : une ambiance que j’adore.

La consécration ! 🙂

Notre rando en vidéo

Galerie

Les photos sont présentées dans l’ordre chronologique de notre traversée.

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